The Triangle

30 octobre 2011

Les aventures de Tintin : Le secret de la licorne - Steven Spielberg

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Titre original : The Adventures of Tintin - The Secret of the Unicorn

Réalisateur : Steven Spielberg

Avec : Jamie Bell, Andy Serkis, Daniel Craig, Simon Pegg, Nick Frost et beaucoup, beaucoup d'autres.

Sortie cinéma : 26 octobre 2011

 

Tintin en motion capture. Voilà un concept qui avait de quoi laisser perplexe. La bande annonce elle-même, si elle faisait entrevoir un niveau d’animation complètement fou, donnait également envie de lever un poing rageur vers le ciel en hurlant « Steveeeeeeen ! ». Parce qu’il faut bien avouer que quand même, ça passait mal, surtout le pauvre Tintin, mélange étrange entre sa figure ronde de BD et celle d’un humain de chair. Le phénomène d’Uncanny Valley dans toute sa splendeur. Mais heureusement, au fur et à mesure qu’on se laisser entrainer par le film et son rythme sans temps mort, on s’habitue. On s’émerveille de retrouver tous ces visages connus mais un peu différents (Oh, Nestor ! Oh, Allan ! Oh, la Castafiore !), on bave devant le niveau de détail de l’animation. On doit celle-ci à la firme de Peter Jackson, par ailleurs producteur et réalisateur du second volet, et ça se voit. Les visages sont extraordinairement expressifs, et on sent clairement que les acteurs s’en donnent à cœur joie derrière leurs costumes virtuels. Jamie Bell en fait des tonnes pour incarner la jovialité et l’intrépidité de Tintin, Andy Serkis profite à fond d’avoir enfin un rôle avec du dialogue ; quant à Simon Pegg et Nick Frost, ils sont tellement parfait en Dupont et Dupond que c’est à se demander si ce casting n’était pas leur cadeau de Noël. Seul personnage conçu entièrement par ordinateur, Milou n’est pas en reste et vole même parfois la vedette à ses compagnons.


Qu’on se rassure, le film ne repose pas que sur ses prouesses techniques. Le Secret de La Licorne, revu et corrigé par Steven Moffat (show runner de Doctor Who et Sherlock, et donc un homme bien) et Edgar Wright (qui devait sans doute être compris dans le lot Pegg-Frost), devient un divertissement taillé sur-mesure pour le grand écran et bourré de clins d’œil à la mythologie spielbergienne. L’humour occupe évidemment une grande partie de l’aventure, on regrette seulement qu’il soit parfois trop ciblé vers les enfants. Il y a bien sûr des libertés qui ont été prises par rapport à la bande dessinée, et le collage se fait quelques fois maladroit. On peut même penser que le Trésor de Rackham le Rouge aurait très bien pu tenir là-dedans, et que certaines scènes ne sont là que pour légitimer la suite. Suite qui dépend d’ailleurs entièrement des scores réalisés par le premier film. On ne se fait pas trop de soucis.


08 septembre 2011

Bienvenue à Gattaca - Andrew Niccol

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Titre original (US) : Gattaca

Réalisateur : Andrew Niccol

Avec : Ethan Hawke, Uma Thurman, Jude Law, Alan Arkin et bien d'autres.

Sortie cinéma : 1998

 

De ma première vision de Bienvenue à Gattaca, il y a des années, il m'était resté une impression très forte qui s'attachait à une scène en particulier : celle de l'escalier. Le reste, aucun souvenir à part le principe général de l'histoire : dans une société où les individus sont dscriminés en fonction de leur patrimoine génétique, un "invalide" (Ethan Hawke) rêve d'entrer au centre spacial Gattaca et de partir dans l'espace. Une seule solution : devenir un pirate génétique, s'approprier l'identité d'un "valide" (Jude Law) qui lui fournit tout le matériel dont il a besoin pour se faire passer pour un membre de l'élite en échange d'un confort financier. Le fraudeur doit cependant être très attentif à ne pas laisser de trace de sa propre identité... Et quand un meurtre est commis dans l'enceinte de Gattaca, les choses se compliquent rapidement.

Les films qui traitent d'un futur déshumanisé dont le protagoniste enfreint les règles sont légion. Néanmoins, Gattaca en diffère par deux points : déjà, au lieu de se rebeller dans le but de mettre fin au système, comme tant d'autres, le héros ne cherche qu'à accomplir son rêve personnel : devenir astronaute. Ensuite, malgré les excès de ce système, la rejection du personnage est compréhensible. Ce n'est pas qu'il n'est pas parfait : il est cardiaque et doté d'une vue extrêmement mauvaise. Un de ses entraînements le montre près de s'effondrer. Même par nos standards, il ne pourrait sans doute pas devenir astronaute. Le film s'éloigne ainsi du manichéisme primaire, et c'est très bien vu.
Après le meurtre, cependant, il n'est plus question d'ambition mais de survie. Alors que les suspicions se tournent automatiquement vers le mystérieux "invalide", l'imposture devient de plus en plus difficile à tenir. Et c'est là que les relations entre les personnages se montrent particulièrement fascinantes. Il y a la collègue de travail (Uma Thurman) dont il se rapproche et à qui il se voit forcé de dévoiler des petits bouts de vérité. Et il y a bien sûr celui par qui la fraude est possible, le "valide", l'authentique propriétaire de l'identité. La charactétisation de celui-ci est à mon sens ce qui est le plus réussi dans le film. L'humour cynique, le passage du dépit à la dévotion. L'homme de l'ombre existe plus devant la caméra que le protagoniste, handicapé par le jeu parfois maladroit d'Ethan Hawke et par une backstory qui alourdit le propos du film.
Autres personnages, autre bonne idée : les inspecteurs qui enquètent sur le meurtre. Ils sont deux, là où un autre film n'en aurait mis qu'un pour mieux "identifier l'adversaire", ils n'ont pas les même méthodes de travail et ils fonctionnent parfaitement, créant une autre dualité au sein du film.

En résumé, un très bon film d'anticipation, qui pousse effectivement à la réflexion là où ses compatriotes ne font qu'effleurer les idées intéressantes.

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07 septembre 2011

Across the Universe - Julie Taymor

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Réalisatrice : Julie Taymor

Avec : Jim Sturgess, Evan Rachel Wood, Joe Anderson et bien d'autres

Sortie cinéma : 2007

 

Un film tout entier basé sur les chansons des Beatles, quand on y pense, c'est une évidence. On se demande même pourquoi personne n'y a pensé (ou n'a eu les moyens pour le faire) avant Julie Taymor. Peut-être celle-ci a-t-elle su faire entendre son projet au bon moment, lorsque un peu de nostalgie et beaucoup de marketing firent fleurir les T-shirt Abbey Road dans les cours des lycées bon genre. Mais qu'est vraiment Across the Universe ? Un énième film "indie" surfant sur la vague vintage, une vidéo de fan arrivée en haut de l'affiche un peu par hasard ou un film-hommage à la I'm not there ?

Le film étant vendu comme une histoire d'amour (il suffit de voir l'affiche), c'est une surprise de constater que la romance en occupe en fait une place tout à fait raisonnable. Tout commence au début des années 60. On suit l'histoire de Jude, un jeune ouvrier de Liverpool qui décide de s'embarquer pour l'Amérique (toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé, etc). Sur place il rencontre Maxwell, qui devient son meilleur ami après une nuit passée à se cuiter en chantant "With A Little Help From My Friends". Max a une soeur, Lucy, dont Jude tombe amoureux. Le trio s'installe dans un grand appartement new-yorkais et se retrouve mêlé aux grands bouleversements de la décennie en compagnie de leurs amis : Sadie, Prudence, JoJo, le Dr Robert et autres Mr Kite (pas d'Eleanor Rigby, par contre, et c'est bien dommage). Pendant que la guerre du Vietnam fait rage, Jude et Lucy se cherchent en chansons. Finiront-ils par se trouver ? Suspense.

Across the Universe, c'est un film qui se regarde avec un sourire en coin et un oeil attendri devant ce grand kaléidoscope de couleurs. Le film est loin d'être parfait : touchant mais pas assez pour laisser une forte impression, maîtrisé mais parfois trop exhubérant (certaines mises en scène de chansons sont vraiment over-the-top) pour être vraiment pris au sérieux. Dans certaines scènes un charme opère qui fait que ces gens deviennent pendant un instant nos meilleurs amis, mais dans d'autres on sent trop l'idéalisation de l'époque et l'artificialité de la comédie musicale pour se laisser emporter. Les reprises oscillent de très bonnes (Being For The Benefit Of Mr Kite, Happiness Is A Warm Gun) à meh (Let It Be et un grand nombre des balades). Ce qu'il faut reconnaître, c'est que les personnages secondaires ont chacun leur moment de gloire, sur des intrigues variées, ce qui est appréciable. Il n'est pas non plus aussi ennuyeusement optimiste qu'on pourrait le craindre : de mauvaises choses arrivent, et ces choses ont des conséquence. Le ton léger du début se mixe au cours du film à la noirceur de la guerre, et si même le traitement de celle-ci vire parfois au kitsch, elle apporte au film un équilibre bienvenu.

Avec l'immense répertoire laissé par les Beatles, il y aurait de quoi composer les scénarios de centaines de films musicaux. C'est Across the Universe qui a été réalisé, sans doute ni le pire ni le meilleur. Accessible au néophyte et appréciable par le fan qui cherchera les références au mythos du groupe, il se différencie en cela du film de Todd Haynes, impénétrable pour le non-initié au culte Dylanien. Un joli hommage fait avec coeur, sans trop de prétention, et qui donne envie de se (re)plonger dans la discographie des quatre garçons dans le vent.

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06 juillet 2011

Le jour de la bête - Alex de la Iglesia

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Titre original (Espagne) : El dia de la bestia

Réalisateur : Alex de la Iglesia

Avec : Alex Anguilo, Armando de Razza, Santiago Segira et bien d'autres.

Sortie : 1995

 

 Voici une comédie pour ceux qui aiment leur humour bien noir et si possible un peu sanguinolent. Si ce n'est pas votre cas, vous resterez sans doute perplexe devant le visionnage de ce Jour de la bête. Mais si vous vous sentez prêt à entreprendre le voyage, vous vous rendrez vite compte que ce film est une pépite. Le comique repose beaucoup sur l'absurde, des personnages improbables aux situations complètement barrées auxquelles ils se retrouvent confrontés. L'irrévérence religieuse, est évidemment de mise : c'est l'histoire d'un curé qui, ayant réussi à décrypter un code caché dans l'"Apocalypse" de Saint Jean, fait semblant de se convertir au mal pour leurrer l'Antéchrist qui doit naître à Madrid le soir même. Mais trouver le lieu précis où aura lieu cette naissance n'est pas sans difficulté...

Le jour de la bête offre un des meilleurs trios de personnages qu'il m'ait été donné de voir. Le curé blasphémateur, le metalleux un peu simplet et le voyant de pacotille réussissent à créer une dynamique géniale. A eux trois, ils tiennent le film sur leurs épaules et ça fonctionne. Les acteurs sont très bons, y compris les rôles secondaires. Les habitants de la pension de famille n'ont que peu de temps à l'écran mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils le rentabilisent de façon efficace.

Les péripéties s'enchainent sans temps mort, on se laisse porter par le film en se demandant ce qu'il peut nous réserver de plus. Nos "héros" tentent d'invoquer le diable, se retrouvent dans un concert de métal, se réfugient dans un bâtiment qui abrite une conférence sur Nostradamus ou errent dans les rues sombres de Madrid, tout ça le soir de Noël, et tout en jouant un chassé-croisé avec des meurtiers aux motivations étranges. C'est déjanté, loufoque, mais ça offre quand même quelques bonnes frayeurs, en un mot : c'est à voir.

02 juillet 2011

Kuzco, l'empereur mégalo - Mark Dindal

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Titre original (US) : The Emperor's New Groove

Réalisateur : Mark Dindal

Avec les voix de : David Spade, John Goodman, Patrick Waburton (Didier Gustin, Jacques Frantz, Emmanuel Curtil pour les voix françaises) et bien d'autres.

Sortie cinéma : 28 mars 2001

 

Voilà un Disney "new generation" à côté duquel j'étais complètement passée à cause de sa sortie tardive (en 2001, le seul dessin animé que je consentais à regarder c'était Pokémon). Et quelle erreur ! Ce Kuzco est une perle, un chef d'oeuvre, un monument dont chaque minute met K.O tous les Disney qui ont pu sortir ensuite, que ce soit en 2D ou en 3D. Je ne le comparerai pas aux classiques, en revanche, parce qu'il est vraiment très différent : là où des dessins animés comme La belle au bois dormant, Merlin, Le roi lion, Pocahontas etc jouaient autant sur l'humour que sur la poésie et sur l'aspect initiatique, Kuzco est lui purement dans l'humour. Il va encore plus loin qu'Hercule, sorti quatre ans plus tôt, qui mettait déjà beaucoup l'accent sur le côté humoristique/parodique. Il est aussi, à mon sens, encore meilleur (ce qui n'est pas peu dire). Pourtant le pitch ne paie pas de mine : c'est l'histoire d'un empereur d'une civilisation vaguement basée sur les Incas/Mayas/Aztèques (rayez la mention inutile), complètement égoïste et irresponsable, qui se retrouve un jour transformé en lama à cause d'une tentative d'assassinat ratée. Pour retrouver son apparence humaine et son trône, il doit s'allier à un paysan et, au passage, apprendre l'humilité. "Ça sent le déjà vu", me direz-vous. Oui... mais non. Car le traitement de cette histoire au demeurant classique est complètement loufoque. Rien n'est pris au sérieux. Une multitude de gags reposent sur le "quatrième mur", c'est-à-dire cet espace qui sépare les personnages du spectateur : le narrateur s'adresse à ce dernier, s'engueule avec les personnages, gribouille sur l'écran, se plaint des mouvements de la caméra, les personnages pointent du doigt les incohérences scénaristiques... Rien ne tombe à plat, tout est absolument jubilatoire (oui, moi aussi j'en ai marre de lire "jubilatoire" dans les critiques de cinéma, mais sérieusement, Kuzco le vaut bien). A ce demander d'ailleurs s'il n'est pas plutôt adressé aux adultes qu'aux enfants, qui auront du mal à saisir la portée d'une partie des blagues.

Il faut cependant rendre à César ce qui est à César : Kuzco ne serait pas grand-chose sans sa trouvaille la plus grandiose... Kronk. Kronk, c'est le larbin d'Yzma, la méchante du film. Les bras droits de méchants un peu neuneus qui servent d'éléments comiques sont une tradition chez Disney, mais Kronk les dépasse tous. Je n'ai eu accès qu'à la version française, où son doublage (dû à Emmanuel Curtil) est génialissime et assène les répliques les plus hilarantes de façon complètement terre-à-terre. Écouter Kronk sans avoir les images suffirait déjà à se payer une bonne tranche de rire.
Si Kronk dépasse allégrement ses petits camarades sur le terrain de la drôlerie, ce n'est pas pour autant que ceux-ci sont ratés. Tous les personnages, même les plus secondaires, ont droit à leur gag, et Pacha (le paysan au grand coeur) est vraiment bien réussi, réussissant à être drôle et touchant à la fois (ce que Kuzco peine plus à faire).

Kuzco l'empereur mégalo, un Disney qui n'est pas vraiment resté dans les annales mais qui mérite définitivement sa place au panthéon Mickey Mouse.

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29 juin 2011

Percy Jackson le voleur de foudre - Chris Colombus

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Titre original (US) : Percy Jackson And The Lightning Thief (notons que les traducteurs français ont eu la flemme de traduire un mot, et que ça change tout.)

Réalisateur : Chris Colombus

Avec : Logan Lerman, Brandon T. Jackson, Alexandra Daddario, Sean Bean et bien d'autres.

Sortie cinéma : 10 février 2010

 

Cher Mr Colombus,
Vous n'en êtes pourtant pas à votre première adaptation d'un roman jeunesse, n'est-ce pas ? Vous devriez donc savoir un minimum comment vous y prendre. Vous avez déjà travaillé avec des jeunes acteurs, non ? En conséquence, vous devriez être capable de dire lorsqu'ils jouent mal et de les conseiller. Ou en tout cas, Pierce Brosnan, Uma Thurman, Steve Coogan et les autres gens célèbres qui peuplent votre film semblent penser que vous savez faire toutes ces choses, puisqu'ils sont là. Et pourtant, après le visionnage de Percy Jackson, un seul mot me vient à l'esprit : sérieusement ?

A croire que sur le tournage il y avait un cahier des charges de toutes les énormités trouvables dans un film de ce genre et que l'équipe s'est fait un devoir de toutes les inclure. Le héros est un ado méché, qui se rend compte qu'il est un demi-dieu et se trouve alors capable de transformer ses faiblesses en force (dyslexiques de tous pays, soyez sur vos gardes, il se pourrait très bien que vous soyez en fait programmés pour lire du grec ancien !). Son meilleur ami, noir et handicapé, se trouve être son "Protecteur", ainsi qu'un faune. Son proviseur, collé dans un fauteuil roulant, se révèle être un centaure. On remarque que sous chaque être "sortant de la norme" se cache une créature mythologique, ce sont eux les vrais héros. Vivement l'épisode de Glee où Artie se transformera en licorne. Cette morale un brin puérile ne poserait pas vraiment de problème si le film tout entier ne prenait pas ses spectateurs pour des crétins finis. Et non, le fait qu'il soit ciblé vers les préados n'excuse pas d'expliquer absolumment tout ce qui se passe à l'écran. Insupportable, surtout que comme le scénario est quand même d'une bêtise assez poussée (de toute façon à partir du moment où le pitch c'est que le roi des dieux se fait voler son arme la plus puissante par un gamin de quatorze ans..), se le voir rappeler toutes les dix minutes enfonce douloureusement le couteau dans la plaie.

Il y a quand même quelques bons côtés : pour une fois on se voit offrir un personnage féminin qui n'est pas completement inutile et ne se limite pas qu'à son rôle de "love interest" désignée d'office. Ceci dit c'est problement le seul personnage non-stéréotypé du film (mention spéciale au compagnon de la mère). La scène dans le casino est plutôt réussie, tout comme celle dans le royaume d'Hadès. L'idée de faire cohabiter personnages mythologiques et cadre très moderne (et très propice au placement de produit, hein Converse ?) aurait pu marcher, sauf que c'est très mal fichu. Finalement ce qui m'a le plus surpris dans le film c'est la bande-son, qui m'a fait réalisé que Kesha (pardon, Ke$ha) existait déjà en 2010. C'est fou.

Vous l'aurez compris, évitez de vous infliger Percy Jackson le voleur de foudre si vous cherchez un film à regarder sérieusement. Au deuxième degré, en revanche, c'est plutôt rigolo.

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28 juin 2011

Bright Star - Jane Campion

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Réalisé par : Jane Campion

Avec : Abbie Cornish, Ben Wishaw, Paul Schneider, Kerry Fox et bien d'autres.

Sortie cinéma : 6 janvier 2010

 

Après de courtes vacances loin de toute tentation cinématographique, les Madame sont de retour (et pas pour vous jouer un mauvais tour, à moins que vous ne soyez un film sorti des tréfonds d'Hollywood alors qu'il aurait mieux fait d'y rester). Ce qui, annonçons-le tout de suite, n'est pas le cas de Bright Star. Encore un film que j'aurais vu après tout le monde, celui-là. Mais il me tentait fortement, déjà parce qu'on ne m'en avait dit que du bien, mais aussi parce que les films sur les poètes anglais, c'est assez rare pour être savouré.

L'histoire proprement dite tient dans une tasse à thé : dans la campagne anglaise, un jeune poète sans le sou rencontre une jeune fille férue de couture, qui préfère les mots d'esprit légers à la profondeur de la poésie. Ça commence plutôt mal entre eux mais peu à peu ils tombent en amour et tentent de cacher leur passion à leur entourage qui la désapprouve, tout en s'écrivant des lettres enflammées et en se récitant de la poésie. Dit comme ça, on peut s'attendre à du très bon comme à du très mauvais. Bright Star se situe, à mon sens, exactement entre les deux. Le film possède de grandes qualités, visuelles pour la plupart : décors et lumières magnifiques, qui épousent parfaitement les émotions des deux protagonistes. Il possède également de grandes lacunes, principalement dans la caractérisation : Ni Keats ni Miss Brawne ne parviennent à se rendre dignes d'intérêt. On ne comprend d'ailleurs jamais vraiment ce qu'ils se trouvent l'un à l'autre. Comme quoi le classique "poète-maudit-au-gouffre-de-la-mort-et-en-proie-à-la-passion-véritable" ne suffit pas à faire un personnage de film. Surtout quand il est interprété par un Ben Wishaw pas très inspiré. Celui qui sort du lot est l' "antagoniste" de l'histoire, Mr Brown, qui parvient à réveiller le film de sa torpeur et même à épingler ses faiblesses. Malheureusement, il disparaît au milieu du film parce que pour bien faire comprendre au spectateur que c'est un sale type, il a mis la servante enceinte. Dommage.

Le déroulement de l'histoire est convenu est lent. Certaines scènes sont belles (la visite au frère), d'autres sont vues et revues (le premier baiser), d'autres encore flirtent avec le ridicule (les conséquences de la carte de Saint-Valentin). Ce point peut être contesté mais j'ai trouvé les récitations de poèmes trop nombreuses. Malgré tout le talent de Keats, la lecture passe mal à l'écran et on décroche rapidement. Ce désintérêt qui finit par s'étendre à toute l'intrigue nous laisse à admirer Samuel et Toots, les deux derniers de la fratrie Brawne, qui réussissent à illuminer l'écran malgré leurs rares répliques, le premier avec sa longue silhouette d'homme-enfant, la seconde avec son impertinence et sa rousseur lumineuse.

Malgré toutes ces critiques, Bright Star n'est pas un mauvais film. Il m'a déçue car j'en attendais énormément. Si l'on ne fait pas de même, le ressentit doit être différent et permettre d'apprécier plus le destin contrarié de ces deux personnages.

17 juin 2011

Magnolia - Paul Thomas Anderson


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Réalisateur : Paul Thomas Anderson

Acteurs : Tom Cruise, Julianne Moore, William H. Macy, Philip Seymour Hoffman, Matt Gerald, John C. Reilly et beaucoup d’autres…

Date de sortie : 01 mars 2000

Ours d’or au Festival International du film à Berlin en 2000

 

L’histoire en bref : Neuf vies s'entrecroisent le temps d'une journée comme les autres sous le soleil de la Californie. C’est le temps de remettre les pendules à l’heure et de se confronter aux problèmes du passé.

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Beaucoup de choses à dire pour ce film, peut être trop et les mots me manquent. Il est très dense, riche en messages sur la famille et sur la condition humaine en général.

Tout d’abord dans Magnolia, on met un point d’honneur sur le rythme : on passe par tous les sentiments, les acteurs jouent à tous les niveaux et le montage est très dynamique, fluide. Il y a des cassures, des reprises, des silences. On ne s’ennuie jamais. Et en 3 heures et des poussières, c’est très bien joué.

C’est un des premiers « films choral » américains. Le magnolia a neuf pétales et le film décortique les neuf vies qui vont se rencontrer. Les personnages vont être brillamment présentés en début de film, avec une introduction géniale servie par un montage dynamique hyper-accrocheur et la musique originale de Aimee Mann. D’ailleurs, la bande son originale découpe le film en plusieurs chapitres et on peut rajouter qu’elle nourrit également le film d’un discours supplémentaire.

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Des hommes et femmes se croisent, des destins se télescopent de diverses manières. Un puzzle d’émotions et de regrets pour une réflexion sur le lien des causes à effets. Le narrateur nous dit : « on en a peut être fini avec le passé, mais lui n’en a pas fini avec nous ». Le thème majeur du film, en effet, est la confrontation des enfants avec leurs parents. Il s’agit de se libérer des péchés des pères, pour s’accepter soi-même et passer à autre chose.

« One is the loneliest word that you ever know » nous dit la chanson de Aimee Mann au début de Magnolia. Ce film rend compte d’une réelle évolution des personnages au milieu des autres : ils apparaissent comme des électrons libres qui peu à peu se rattachent à quelque chose pour leur salut. Ils sont tous seuls avec leurs regrets, leur passé et aspirent à être aimés (voir le remarquable Punch Drunk-Love du même réalisateur qui traite également du manque d’amour et du besoin de la reconnaissance d’autrui).

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« It’s not going to stop » répète le morceau Wise Up. Le film nous montre également des destins qui se répètent sans cesse : lorsque des vieux couples se déchirent, d’autres se forment, les rôles s’inversent. Car la galerie de personnages de Magnolia fonctionne par couples. Un enfant souffre du désamour de ses parents tandis que l’on prend part aux déboires d’un adulte en manque d’amour, qui apparaît comme son moi futur. Cependant ces personnages se distinguent les uns des autres par les choix qu’ils effectuent : l’enfant décide de faire face à ses parents, contrairement à son double adulte qui subit les conséquences du manque de communication avec ses parents. Il n’y a pas de destin seulement les choix que l’on fait.

Le réalisateur sait comment suivre les personnages au mieux. La réalisation est fluide et dynamique. Tout le film est une espèce de système nerveux, un réseau dont les connexions se font les unes aux autres à l’instar du cancer qui est omniprésent et qui atteint plusieurs personnages dans le film. C’est en cela qu’il traite des aléas de la relation a autrui: « l’enfer c’est les autres ». Le discours sur la relation à autrui est péjoratif dans Magnolia mais n’est pas fataliste pour autant. Le film se termine sur une touche d’espoir, celui d’un amour naissant. Et à Aimee Mann de chanter son morceau « Save me ». And life goes on, pourrait-on dire.

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En bref, avec Magnolia préparez-vous à un programme très chargé. Et je ne parle de toutes les références bibliques ou philosophiques qui jalonnent le film puisque mes connaissances à ce sujet sont malheureusement très réduites.

Les acteurs sont tous superbes. Petite Mention Spéciale pour Tom Cruise qui est époustouflant et livre à mon avis une des ses meilleures prestations à l’écran (avec Eyes Wide Shut, Rain Man et Tonnerre sous les tropiques, mais là c’est un tout autre bonhomme).

Enfin, Paul Thomas Anderson dit de Magnolia qu’il restera son meilleur film jamais réalisé. Je suis de cet avis. C’est un petit bijou du cinéma.

16 juin 2011

Bus Palladium - Christopher Thompson

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Réalisateur : Christopher Thompson

Avec : Marc-André Grondin, Elsa Sednaoui, Arthur Dupont,  Géraldine Pailhas et bien d'autres.

Sortie cinéma : 17 mars 2010

 

Cette revue de Bus Palladium sera courte, tout simplement parce qu'il n'y a pas beaucoup de choses à dire sur Bus Palladium. C'est l'histoire d'une bande de potes qui ont fondé un groupe de rock, "Lust", et de leur succès relatif. Le début du film s'attache à nous montrer qu'ils sont tous super copains, surtout, comme par hasard, le chanteur et le guitariste (c'est bien connu que les autres membres d'un groupe de rock ne servent à rien et ne sont pas dignes d'avoir des personnages un tant soit peu développés). Malheureusment, la suite montrera surtout que le chanteur et le guitariste sont tellement potes que l'arrivée d'une groupie aux boots cloutées suffit à les faire se taper dessus. Ce qui ne serait pas un problème en soi si l'on avait pas déjà vu ça cent fois, et mieux fait. Le film se donne un mal de chien pour nous faire comprendre à quel point ces apprentis rockeurs bouclés et/ou à mèche sont cool et attachants, mais malgré toute la spontanéité des acteurs (qui sont impeccables), ça ne fonctionne pas parce que les ficelles sont transparentes : "Regarde spectateur, il déclame du rock and roll sur les toits de Paris mais après il rigole, il se prend pas au sérieux tavu". Deux autres points faibles : les personnages féminins n'ont aucune consistance (même la """femme fatale""") et il ne se passe pas grand-chose, ce qui fait qu'on s'ennuie quand même pas mal.

Par ailleurs, il nous est dit que le film se passe dans les années 80. Ah bon. Alors certes je n'étais pas là, mais je peux quand même dire que la reconstitution est MAUVAISE. Oui, en majuscules. C'est-à-ce point. Non monsieur le réalisateur, mettre une BO des années 80 (et encore), des cabines téléphoniques et télescoper une scène de service militaire qui ne sert à rien ça ne suffit pas pour s'ancrer dans une époque. Au moins faire l'effort de ne pas inclure des néologismes du style 'espèce de looser' dans les dialogues ça aurait été pas mal. Et virer la costumière, qui n'a à priori aucune idée de ce qui se portait dans les années 80. En fait la seule référence pseudo-eighties du film c'est la musique du groupe (et encore, là aussi). Musique qui n'a rien d'extraordinaire, et qui finit par taper sur les nerfs vu que leur chanson-phare revient environ 18646 fois au cours du film (et pourtant, une heure après le visionnage, je n'arrive plus à me souvenir du titre, ce qui veut sans doute dire quelque chose).

Un film à oublier aussi rapidement que Philippe Manoeuvre a encaissé son chèque pour ses trois minutes de caméo.

Machete - Robert Rodriguez

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Réalisateurs : Robert Rodriguez et Ethan Maniquis

Acteurs : Danny Trejo, Steven Seagal, Michelle Rodriguez,  Jeff Fahey, Jessica Alba, Robert De Niro, Lindsay Lohan et beaucoup, beaucoup d’autres invités glamours…

Date de sortie : 3 septembre 2010

 

Ce film est à l’origine une fausse bande-annonce bien funky au début du film Planet Terror. De quoi mettre l’eau à la bouche…

Machete est un légendaire agent fédéral ultra-super-doué avec les armes qui tranchent tout et n’importe quoi. Il va rencontrer quelques petits problèmes avec un trafiquant de drogues mexicain (campé par Seagal), un politicard démago (de Niro, énorme) et un homme d’affaires pas clair (Jeff Fahey qui a une sacrée gueule). Rien que ça. En bref, on zigouille une tête puis on grimpe d’un cran jusqu’à atteindre finalement le plus grand méchant des méchants. Classique. Autrement ici c’est bien le panel de personnages hauts en couleurs qui sauvent le film, bien qu’il y en ait beaucoup trop ! Et puis honnêtement, le scénario est bien trop complexe pour ce genre de film. On en a rien à faire.

J’avoue avoir bien aimé le début, mais lorsqu’on a compris le mécanisme on s’ennuie un peu et on voit venir les choses de loin. Heureusement l’enchainement de quelques idées délirantes et de répliques cinglantes réussissent à nous accrocher au film.

Si vous voulez avoir votre dose de gore grotesque, de répliques assassines et bien lancées, et de belles pépées ce film est pour vous. Sinon il est sympathique à voir pour l’anecdote… Peut être que je m’attendais à un truc complètement foutraque et totalement assumé. Sauf que là, le film semble vouloir se cacher derrière un scénario rocambolesque et le tout devient un peu trop gentil à mon gout. 

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