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Réalisateur : Peter Jackson

Avec : Nos amis les marionnettes

Sortie cinéma : 1988

 

Attention, ce film est un article unique ! Vous connaissez le Muppet Show ? En voici la version trash déjantée de Peter Jackson bien avant sa triplette du Seigneur des Anneaux. L’histoire : les tribulations des acteurs du spectacle « Meet The Feebles Variety Hour » qui doivent s’en sortir avec leur problèmes personnels pour ne pas ruiner le show. Au sein de cette zizanie deux jeunes premiers s’éprennent l’un de l’autre. Langage cru, scènes osées entre marionnettes consentantes et bains de sang sont au rendez-vous, espèce de mélange jubilatoire entre le Kill Bill de Tarantino et le Rocky Horror Picture Show pour son coté musical kitsch et son style Camp complètement assumé. Tout y passe : sexe, violence, drogue, alcool… Un portrait sous acide des coulisses d’une tournée et de ses magouilles pas (du tout) catholiques.

Le fait d’utiliser des marionnettes donne une liberté inouïe au cinéaste, déjà un habitué des prothèses depuis son Bad Taste (incroyable ovni fait maison en Nouvelle Zélande). Le traitement des personnages-marionnettes haut en couleurs participe au dégout mais aussi à la drôlerie du film : la mouche à m***de est journaliste à sensations (super idée), le lapin enchaine partouzes sur partouzes, le renard et metteur en scène est une grande folle... Le drôle et le gore, c’était la spécialité de Peter Jackson à ses débuts. Le film peut être repoussant au départ car très laid et vulgaire mais une fois son vocabulaire et ses acteurs assimilés (quoique plutôt « digérés » dans ce cas là), on accepte le mauvais goût on ne peut que prendre un plaisir coupable en voyant ces bestioles moches se lancer des saletés au visage.

La parodie est traitée de diverses manières dans le film, par le biais de références appuyées : la séquence culte de la roulette russe du Voyage au bout de la nuit est revisitée ainsi qu’un clin d’œil aux vraies muppets avec kermitt la grenouille sur un crucifix. Le carnage final annonce la dernière scène de Braindead (film d’horreur du même réal d’un gore à faire pâlir le genre) et rappelle le début du film la Horde Sauvage de Sam Peckinpah. Le tout peut paraître indigeste mais il n’en écarte pas pour autant l’émotion (voir la toute dernière scène). La musique est entrainante, inspirés du doo wop américain les morceaux « meet the feebles », « garden of love » et « robert’s serenade » restent en tête.

C’est ce coté outrageant et qui n’est à mon avis pas assez présent dans le dernier né blockbuster King Kong du cinéaste. Espérons que le réalisateur n’est pas perdu définitivement de son piquant pour ses productions futures... Un peu plus de dégeulasserie que diable !