bright star

Réalisé par : Jane Campion

Avec : Abbie Cornish, Ben Wishaw, Paul Schneider, Kerry Fox et bien d'autres.

Sortie cinéma : 6 janvier 2010

 

Après de courtes vacances loin de toute tentation cinématographique, les Madame sont de retour (et pas pour vous jouer un mauvais tour, à moins que vous ne soyez un film sorti des tréfonds d'Hollywood alors qu'il aurait mieux fait d'y rester). Ce qui, annonçons-le tout de suite, n'est pas le cas de Bright Star. Encore un film que j'aurais vu après tout le monde, celui-là. Mais il me tentait fortement, déjà parce qu'on ne m'en avait dit que du bien, mais aussi parce que les films sur les poètes anglais, c'est assez rare pour être savouré.

L'histoire proprement dite tient dans une tasse à thé : dans la campagne anglaise, un jeune poète sans le sou rencontre une jeune fille férue de couture, qui préfère les mots d'esprit légers à la profondeur de la poésie. Ça commence plutôt mal entre eux mais peu à peu ils tombent en amour et tentent de cacher leur passion à leur entourage qui la désapprouve, tout en s'écrivant des lettres enflammées et en se récitant de la poésie. Dit comme ça, on peut s'attendre à du très bon comme à du très mauvais. Bright Star se situe, à mon sens, exactement entre les deux. Le film possède de grandes qualités, visuelles pour la plupart : décors et lumières magnifiques, qui épousent parfaitement les émotions des deux protagonistes. Il possède également de grandes lacunes, principalement dans la caractérisation : Ni Keats ni Miss Brawne ne parviennent à se rendre dignes d'intérêt. On ne comprend d'ailleurs jamais vraiment ce qu'ils se trouvent l'un à l'autre. Comme quoi le classique "poète-maudit-au-gouffre-de-la-mort-et-en-proie-à-la-passion-véritable" ne suffit pas à faire un personnage de film. Surtout quand il est interprété par un Ben Wishaw pas très inspiré. Celui qui sort du lot est l' "antagoniste" de l'histoire, Mr Brown, qui parvient à réveiller le film de sa torpeur et même à épingler ses faiblesses. Malheureusement, il disparaît au milieu du film parce que pour bien faire comprendre au spectateur que c'est un sale type, il a mis la servante enceinte. Dommage.

Le déroulement de l'histoire est convenu est lent. Certaines scènes sont belles (la visite au frère), d'autres sont vues et revues (le premier baiser), d'autres encore flirtent avec le ridicule (les conséquences de la carte de Saint-Valentin). Ce point peut être contesté mais j'ai trouvé les récitations de poèmes trop nombreuses. Malgré tout le talent de Keats, la lecture passe mal à l'écran et on décroche rapidement. Ce désintérêt qui finit par s'étendre à toute l'intrigue nous laisse à admirer Samuel et Toots, les deux derniers de la fratrie Brawne, qui réussissent à illuminer l'écran malgré leurs rares répliques, le premier avec sa longue silhouette d'homme-enfant, la seconde avec son impertinence et sa rousseur lumineuse.

Malgré toutes ces critiques, Bright Star n'est pas un mauvais film. Il m'a déçue car j'en attendais énormément. Si l'on ne fait pas de même, le ressentit doit être différent et permettre d'apprécier plus le destin contrarié de ces deux personnages.