percy_jackson

Titre original (US) : Percy Jackson And The Lightning Thief (notons que les traducteurs français ont eu la flemme de traduire un mot, et que ça change tout.)

Réalisateur : Chris Colombus

Avec : Logan Lerman, Brandon T. Jackson, Alexandra Daddario, Sean Bean et bien d'autres.

Sortie cinéma : 10 février 2010

 

Cher Mr Colombus,
Vous n'en êtes pourtant pas à votre première adaptation d'un roman jeunesse, n'est-ce pas ? Vous devriez donc savoir un minimum comment vous y prendre. Vous avez déjà travaillé avec des jeunes acteurs, non ? En conséquence, vous devriez être capable de dire lorsqu'ils jouent mal et de les conseiller. Ou en tout cas, Pierce Brosnan, Uma Thurman, Steve Coogan et les autres gens célèbres qui peuplent votre film semblent penser que vous savez faire toutes ces choses, puisqu'ils sont là. Et pourtant, après le visionnage de Percy Jackson, un seul mot me vient à l'esprit : sérieusement ?

A croire que sur le tournage il y avait un cahier des charges de toutes les énormités trouvables dans un film de ce genre et que l'équipe s'est fait un devoir de toutes les inclure. Le héros est un ado méché, qui se rend compte qu'il est un demi-dieu et se trouve alors capable de transformer ses faiblesses en force (dyslexiques de tous pays, soyez sur vos gardes, il se pourrait très bien que vous soyez en fait programmés pour lire du grec ancien !). Son meilleur ami, noir et handicapé, se trouve être son "Protecteur", ainsi qu'un faune. Son proviseur, collé dans un fauteuil roulant, se révèle être un centaure. On remarque que sous chaque être "sortant de la norme" se cache une créature mythologique, ce sont eux les vrais héros. Vivement l'épisode de Glee où Artie se transformera en licorne. Cette morale un brin puérile ne poserait pas vraiment de problème si le film tout entier ne prenait pas ses spectateurs pour des crétins finis. Et non, le fait qu'il soit ciblé vers les préados n'excuse pas d'expliquer absolumment tout ce qui se passe à l'écran. Insupportable, surtout que comme le scénario est quand même d'une bêtise assez poussée (de toute façon à partir du moment où le pitch c'est que le roi des dieux se fait voler son arme la plus puissante par un gamin de quatorze ans..), se le voir rappeler toutes les dix minutes enfonce douloureusement le couteau dans la plaie.

Il y a quand même quelques bons côtés : pour une fois on se voit offrir un personnage féminin qui n'est pas completement inutile et ne se limite pas qu'à son rôle de "love interest" désignée d'office. Ceci dit c'est problement le seul personnage non-stéréotypé du film (mention spéciale au compagnon de la mère). La scène dans le casino est plutôt réussie, tout comme celle dans le royaume d'Hadès. L'idée de faire cohabiter personnages mythologiques et cadre très moderne (et très propice au placement de produit, hein Converse ?) aurait pu marcher, sauf que c'est très mal fichu. Finalement ce qui m'a le plus surpris dans le film c'est la bande-son, qui m'a fait réalisé que Kesha (pardon, Ke$ha) existait déjà en 2010. C'est fou.

Vous l'aurez compris, évitez de vous infliger Percy Jackson le voleur de foudre si vous cherchez un film à regarder sérieusement. Au deuxième degré, en revanche, c'est plutôt rigolo.