kuzco

Titre original (US) : The Emperor's New Groove

Réalisateur : Mark Dindal

Avec les voix de : David Spade, John Goodman, Patrick Waburton (Didier Gustin, Jacques Frantz, Emmanuel Curtil pour les voix françaises) et bien d'autres.

Sortie cinéma : 28 mars 2001

 

Voilà un Disney "new generation" à côté duquel j'étais complètement passée à cause de sa sortie tardive (en 2001, le seul dessin animé que je consentais à regarder c'était Pokémon). Et quelle erreur ! Ce Kuzco est une perle, un chef d'oeuvre, un monument dont chaque minute met K.O tous les Disney qui ont pu sortir ensuite, que ce soit en 2D ou en 3D. Je ne le comparerai pas aux classiques, en revanche, parce qu'il est vraiment très différent : là où des dessins animés comme La belle au bois dormant, Merlin, Le roi lion, Pocahontas etc jouaient autant sur l'humour que sur la poésie et sur l'aspect initiatique, Kuzco est lui purement dans l'humour. Il va encore plus loin qu'Hercule, sorti quatre ans plus tôt, qui mettait déjà beaucoup l'accent sur le côté humoristique/parodique. Il est aussi, à mon sens, encore meilleur (ce qui n'est pas peu dire). Pourtant le pitch ne paie pas de mine : c'est l'histoire d'un empereur d'une civilisation vaguement basée sur les Incas/Mayas/Aztèques (rayez la mention inutile), complètement égoïste et irresponsable, qui se retrouve un jour transformé en lama à cause d'une tentative d'assassinat ratée. Pour retrouver son apparence humaine et son trône, il doit s'allier à un paysan et, au passage, apprendre l'humilité. "Ça sent le déjà vu", me direz-vous. Oui... mais non. Car le traitement de cette histoire au demeurant classique est complètement loufoque. Rien n'est pris au sérieux. Une multitude de gags reposent sur le "quatrième mur", c'est-à-dire cet espace qui sépare les personnages du spectateur : le narrateur s'adresse à ce dernier, s'engueule avec les personnages, gribouille sur l'écran, se plaint des mouvements de la caméra, les personnages pointent du doigt les incohérences scénaristiques... Rien ne tombe à plat, tout est absolument jubilatoire (oui, moi aussi j'en ai marre de lire "jubilatoire" dans les critiques de cinéma, mais sérieusement, Kuzco le vaut bien). A ce demander d'ailleurs s'il n'est pas plutôt adressé aux adultes qu'aux enfants, qui auront du mal à saisir la portée d'une partie des blagues.

Il faut cependant rendre à César ce qui est à César : Kuzco ne serait pas grand-chose sans sa trouvaille la plus grandiose... Kronk. Kronk, c'est le larbin d'Yzma, la méchante du film. Les bras droits de méchants un peu neuneus qui servent d'éléments comiques sont une tradition chez Disney, mais Kronk les dépasse tous. Je n'ai eu accès qu'à la version française, où son doublage (dû à Emmanuel Curtil) est génialissime et assène les répliques les plus hilarantes de façon complètement terre-à-terre. Écouter Kronk sans avoir les images suffirait déjà à se payer une bonne tranche de rire.
Si Kronk dépasse allégrement ses petits camarades sur le terrain de la drôlerie, ce n'est pas pour autant que ceux-ci sont ratés. Tous les personnages, même les plus secondaires, ont droit à leur gag, et Pacha (le paysan au grand coeur) est vraiment bien réussi, réussissant à être drôle et touchant à la fois (ce que Kuzco peine plus à faire).

Kuzco l'empereur mégalo, un Disney qui n'est pas vraiment resté dans les annales mais qui mérite définitivement sa place au panthéon Mickey Mouse.