gattaca

Titre original (US) : Gattaca

Réalisateur : Andrew Niccol

Avec : Ethan Hawke, Uma Thurman, Jude Law, Alan Arkin et bien d'autres.

Sortie cinéma : 1998

 

De ma première vision de Bienvenue à Gattaca, il y a des années, il m'était resté une impression très forte qui s'attachait à une scène en particulier : celle de l'escalier. Le reste, aucun souvenir à part le principe général de l'histoire : dans une société où les individus sont dscriminés en fonction de leur patrimoine génétique, un "invalide" (Ethan Hawke) rêve d'entrer au centre spacial Gattaca et de partir dans l'espace. Une seule solution : devenir un pirate génétique, s'approprier l'identité d'un "valide" (Jude Law) qui lui fournit tout le matériel dont il a besoin pour se faire passer pour un membre de l'élite en échange d'un confort financier. Le fraudeur doit cependant être très attentif à ne pas laisser de trace de sa propre identité... Et quand un meurtre est commis dans l'enceinte de Gattaca, les choses se compliquent rapidement.

Les films qui traitent d'un futur déshumanisé dont le protagoniste enfreint les règles sont légion. Néanmoins, Gattaca en diffère par deux points : déjà, au lieu de se rebeller dans le but de mettre fin au système, comme tant d'autres, le héros ne cherche qu'à accomplir son rêve personnel : devenir astronaute. Ensuite, malgré les excès de ce système, la rejection du personnage est compréhensible. Ce n'est pas qu'il n'est pas parfait : il est cardiaque et doté d'une vue extrêmement mauvaise. Un de ses entraînements le montre près de s'effondrer. Même par nos standards, il ne pourrait sans doute pas devenir astronaute. Le film s'éloigne ainsi du manichéisme primaire, et c'est très bien vu.
Après le meurtre, cependant, il n'est plus question d'ambition mais de survie. Alors que les suspicions se tournent automatiquement vers le mystérieux "invalide", l'imposture devient de plus en plus difficile à tenir. Et c'est là que les relations entre les personnages se montrent particulièrement fascinantes. Il y a la collègue de travail (Uma Thurman) dont il se rapproche et à qui il se voit forcé de dévoiler des petits bouts de vérité. Et il y a bien sûr celui par qui la fraude est possible, le "valide", l'authentique propriétaire de l'identité. La charactétisation de celui-ci est à mon sens ce qui est le plus réussi dans le film. L'humour cynique, le passage du dépit à la dévotion. L'homme de l'ombre existe plus devant la caméra que le protagoniste, handicapé par le jeu parfois maladroit d'Ethan Hawke et par une backstory qui alourdit le propos du film.
Autres personnages, autre bonne idée : les inspecteurs qui enquètent sur le meurtre. Ils sont deux, là où un autre film n'en aurait mis qu'un pour mieux "identifier l'adversaire", ils n'ont pas les même méthodes de travail et ils fonctionnent parfaitement, créant une autre dualité au sein du film.

En résumé, un très bon film d'anticipation, qui pousse effectivement à la réflexion là où ses compatriotes ne font qu'effleurer les idées intéressantes.